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Olof von DALIN

(1708-1763)

 

Fils de pasteur, il étudia à Lund la médecine avant de se trouner vers des études humanistes ; s’installant à Stockholm, il fonde une revue, Then swänska argus (L’Argus suédois), revue ouverte aux idées philosophiques de son temps, bien qu’avec retenue, et qui aura quelques problèmes avec la censure.

Plus tard chancelier de la cour, on lui confia la rédaction d’une histoire de Suède (Svea rikes historia). Il écrivit également quelques contes et poèmes satiriques, où l’on sent l’influence de Voltaire.

 

  Svenska friheten (1742).

Aucun livre disponible en français.

 

Tankar om ödet

 

Nej, ödet skall mig ej i mina tänkar kvälja :

   ej annat öde finns än blott i mitt behag !

Min vilja kan en väg bland tusen vägar välja,

   den får hon lov att gå : se, det är ödets lag.

När jag den vägen går, så går jag ingen annan.

   Se, det är öde nog ; det kan ej ändras mer.

Men om jag vill förut det ödet slå för pannan,

   så skall det vingla om på slaktarnöts maner.

Kort sagt : vad komma skall, kan aldrig öde heta ;

   men det som är förbi, det må väl heta så.

Det förra är ett noll, som ingen själ kan veta

   förran jag själv det gör ; det andra måste stå !

 

 

Pensées sur le destin

 

Non, en mes pensées le destin ne me peinera pas :

   Nul autre destin n’existe que dans mon plaisir !

Ma volonté peut choisir entre mille chemins,

   elle doit aller : vois, c’est la loi du destin.

Quand je prends ce chemin, je n’en prends aucun autre.

   Vois, c’est assez, ce destin ; je n’en puis pas changer.

Si je veux reculer le destin frappe au front,

   et je chancelle sur la crinière de la créature.

En résumé : ce qui viendra ne peut être appelé destin ;

   mais ce qui est passé, doit bien l’être appelé.

Le premier dit n’est rien, nul ne peut le connaître

   avant d’être vécu ; l’autre doit demeurer !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hedvig Charlotta NORDENFLYCHT 

(1718-1763)

 

Née à Stockholm le 28 novembre 1718, elle s’installe avec sa famille à Viby, dans le Västmanland, en 1731. Elle épouse un homme plus âgé qui la marque par son intelligence, avant qu’elle ne s’éloigne de son rationnalisme et de son scepticisme, Jöns Tideman, en 1734. Elle est veuve trois ans plus tard. Elle publie son premier recueil en 1743, après la mort de son second mari, Jacob Fabricius, épousé par amour et mort sept mois seulement après leurs noces.

La poésie de Nordenflycht est très clairement pré-romantique : elle est donc incroyablement en avance sur son temps - temps qui a injustement entraîné son oubli.

 

Den sörgande turtur-dufvan (1743), Över en hyacinth (1762).

Aucun livre disponible en français.

 

Joie dans la solitude

 

Viens, étoile du soir, souvent présage

des meilleurs instants de ma vie !

Quand le silence règne

c’est l’heure de mon passe-temps.

 

Une ombre aimée me cache,

un monde disparaît, où j’ai peiné.

Après que mes sentiments, éphémères, ont plané,

dans le calme la pensée s’amuse.

 

Toi, instant, qui mène tout à la torpeur,

tu réveilles la verve de mes pensées ;

ton froid peut refroidir le feu de mes soucis,

et ton ombre peut rendre clairs mes sentiments.

 

Fatiguée des folies, de la frivolité,

de la compagnie forcée, des commérages,

parmi les déesses du chant je me repose

et dors chez la douce Thalie.

 

 

Nöje i enslighet

 

Kom, aftonstjärnan, snart att båda

de bästa stunder av mitt liv !

När tysthet överallt får råda,

då vakna mina tidsfördriv.

 

En älskad skugga döljer mig,

en värld försvinner, där jag strävat.

Sen mina sinnen flyktigt svävat,

i stillhet tankan roar sig.

 

Du stund, som lägger allt i dvala,

Du väcker mina tankars fart ;

Din köld min oros eld kan svala,

Ditt mörker gör mitt sinne klart.

 

Vid mänskoflärd och dårskap trött,

Vid sällskapstvång och tadelpilar,

Bland sånggudinnors hop jag vilar

Och somnar hos Tahlia sött.