Juhana Heikki ERKKO

(1849-1906)

 

Finlandais de langue finnoise. Juhana Heikki (Johan Henrik) Erkko est né en 1849, à Orimattila. Auteur d’aphorismes, dramaturge, poète, il a œuvré pour l’éducation des classes populaires et fut une personnalité culturelle importante. Ennemi du réalisme, il a écrit cette phrase célèbre en son temps : « L’art n’est pas imitation de la nature, car la nature existe déjà, l’art est la continuation et le développement de la nature en un esprit humain ; c’est la création de quelque chose de nouveau sur les fondations de la nature et de l’humanité. » Il est mort à Helsinki en 1906.

 

Runoelmia (1870, 1872, 1876) ; Paimenet (1878).

Aucun livre disponible en français.

 

Oiseau du chagrin

 

Etourneau, oiseau du chagrin,

dont on parle si peu,

il n’a appris de la vie

qu’une petite, mince chanson.

 

Etourneau, sombre oiseau,

lui qui chanta la plus petite mélodie,

son chant, il le chanta avec sincérité

touchant ainsi le cœur de celui qui écoute.

 

 

 

Murhelintu

 

Kottarainen, se murhelintu,

jota harvasti mainitaan,

oli oppinut elämältä

pienen, pienoisen laulun vaan.

 

Kottarainen, se tumma lintu,

lauloi pienoisen säveleen,

minkä lauloi, sen totta lauloi,

se koski kuulijan sydämeen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kaarlo KRAMSU

(1855-1895)

 

Finlandais de langue finnoise. Kaarlo Kramsu est né à Oulu en 1855. Il étudia l’histoire et le finnois à l’université d’Helsinki, et travailla dans des journaux. En 1891 il tomba malade nerveusement. Il fuit ses créanciers, sombra dans l’alcoolisme et il mourut à l’hôpital psychiatrique de Kuopio en 1895.

Kaarlo Kramsu est connu pour ses ballades ; la poésie « finnoise » s’est assez vite orientée vers le folklore, qu’il soit mythologique (Kalevala) ou populaire. La richesse de ce folklore ayant survécu en partie « grâce » à l’absence d’une littérature écrite.

 

Runoelmia (1878).

Aucun livre disponible en français.

 

Ilkka

 

L’œuvre d’Ilkka vit toujours,

peut-être pour longtemps, à la bouche du peuple.

Il vécut homme de Finlande

et il mourut - sur la potence.

 

Ilkka était agriculteur,

il n’était pas d’une grande famille ;

mais noble garçon de Finlande

il fut, c’est sûr, pendant son temps.

 

La fantaisie de la Fortune

le mena vers folles tempêtes ;

ils s’accordaient bien cependant

car ils étaient faits l’un pour l’autre.

 

C’étaient des temps bien difficiles

des temps de larmes vraiment,

quand entre ses mains Klaus Fleming

tenait les rênes du pays.

 

Nombreux pleuraient, et soupiraient,

que le droit fût raillé ainsi ;

d’autres pleuraient pour autre chose

mais Ilkka, lui, ne pleurait pas.

 

Et quand il entendit le peuple gémissant

il lui donna ce conseil :

« Vous aurez des soucis tant que

vous voudrez bien les supporter.

 

Celui qui pleure son destin

est prisonnier de son destin,

il n’y aura pas de droit, ici,

s’il n’est pas imposé par vous.

 

Battez-vous pour la liberté,

elle soutient l’esprit de l’homme :

un chemin droit mène au bonheur

tout près des rives de la mort ! »

 

Et plus rapide qu’une flèche

lancée par un arc, ces paroles

volèrent à travers le pays,

et le peuple se souleva.

 

Alors la flamme de la guerre

mit tout le pays en sang :

la Finlande n’oubliera pas

la Guerre menée par Ilkka.

 

Entre les mains des oppresseurs

la vengeance fut sans pitié,

tant que de perfides intrigues

frappèrent Ilkka à Nokia.

 

Les grands actes font le renom ;

mais ils entraînent aussi ailleurs,

et Ilkka - lui, directement

il fut mené à la potence.

 

Mais le conseil d’Ilkka, toujours

vit à la bouche de ce peuple :

plus belle qu’une vie d’esclave

est bien la mort à la potence.

 

 

Ilkka

 

Viel’elää Ilkan työt, kenties

kauanki, kansan suussa.

Hän eli niinkuin Suomen mies

ja kuoli - hirsipuussa.

 

Ol’ Ilkka talonpoika vaan,

siis suur’ ei suvultansa ;

mut jaloin poika Suomenmaan

hän oli aikanansa.

 

Hänt’ ajan hurjan myrskyihin

vei oikku onnetarten ;

hän sopi niihin kumminkin

kuin tehty niitä varten.

 

Se aik’ ol’ ajoist’ ankarin

ja itkun aika varmaan,

kun käsissä Klaus Flemingin

ol’ ohjat maamme armaan.

 

Kyll’ itki moni huokaillen,

ett’ oikeus on pilkka ;

mut itkiessä toisien

niin itkenyt ei Ilkka.

 

Vaan koska kansa valittaa,

hän neuvon sille antaa :

« Niin kauan huolta nähdä saa,

kun tahtoo sitä kantaa.

 

Ken vaivojansa vaikertaa,

on vaivojensa vanki,

ei oikeutta maassa saa,

ken itse sit’ ei hanki.

 

Siis vapauteen taistellen,

ken miehen mieltä kantaa :

tie suorin kulkee onnehen

lähellä kuolon rantaa ! »

 

Ja vasamata nopsempaan,

jonk’ ilmaan viskas’ jousi,

nää sanat lensi halki maan,

ja Suomen kansa nousi.

 

Nyt liekki sodan verisen

levisi pitkin maata :

ei Suomi sotaa Ilkkaisen

unohtaa koskaan saata.

 

Jo kohtas kosto sortajat

kädellä ankaralla,

siks’ kunnes juonet kavalat

löi Ilkan Nokialla.

 

Tuo teot suuret kunniaa ;

tok’ viedä voivat muuhun,

ja Ilkan - tietä suorimpaa -

ne veivät hirsipuuhun.

 

Mut varmaan Ilkan neuvo tää

viel’ elää kansan suussa :

kauniimpi orjan elämää

on kuolo hirsipuussa.

 

 

 

J. H. Erkko vanhemmalla iällään