Karl August TAVASTSTJERNA

(1860-1892)

 

Finlandais de langue suédoise. Egalement architecte, et journaliste, Tavaststjerna fut considéré comme le poète des années 1880-90. Son recueil le plus célèbre, Nya vers, fut publié en 1885. Il a écrit également des romans, dont certains célèbres, comme Hårda tider, proche du naturalisme,  et des pièces de théâtre.

Proche de la poésie de Topelius, il frôle parfois la niaiserie mais la musicalité de ses poèmes, leur fraîcheur rendent cette niaiserie finalement assez proche de la jouvence !

 

För morgonbris (Pour la brise du matin, 1883) ; Nya vers (1885) ; Dikter i väntan (Poèmes dans l’attente, 1890) ; Dikter (1896).

Aucun livre disponible en français.

 

Zone de Texte: 10

Jour après jour
plus muette ma prière,
plus muette, et plus belle
instant après instant.
Année après année 
plus silencieux le soupir,
le temps qu’embrassa la douleur 
larme après larme.
Coup après coup
le cœur, qui donna simplement,
fut traduit en mélodie
chant après chant.

21

Tu étais mienne, plus proche
que le bonheur de sa fin,
que le vide de la gloire,
que le mendiant de son bâton.
Tu étais mienne, plus proche
que la fleur de la lumière,
que celui qui doit porter
est proche de son fardeau.
Tu étais mienne, plus proche
que l’amour de son aveu ;
tu étais mon poème
clair et pur des jours disparus.


10

Dag efter dag
stummare blir min bön,
stummare, mera skön
slag efter slag.
År efter år
sucken blir mera tyst,
tiden från smärtan kysst
tår efter tår.
Gång efter gång
hjärtat, som gav, blott gav,
tolkas i välljud av
sång efter sång.

21

du var mig mera nära
än lyckan till sin grav,
än tomhet är till ära,
än tiggaren sin stav.
Du var mig mera nära
än solsken blomman är,
än den, som måste bära,
till bördan, som han bär.
Du var mig mera nära
än kärleken sin bikt ;
du var min ljusa, skära,
försvunna vårdags dikt.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hjalmar PROCOPE

(1868- 1927)

 

Né en avril 1868,  son père est officier dans l’armée russe. Etudiant à Vasa et Helsinki, il hésite entre une carrière d’enseignant et de journaliste. C’est le journalisme qu’il choisira finalement, travaillant dans divers journaux, à Helsinki, Tammerfors et Vasa. Il publie un premier recueil en 1900, Dikter, puis les œuvres s’enchaînent. Belsazars gästabud, une pièce de théâtre, est jouée en 1906 avec une musique de Jean Sibelius. Il fut le premier résident de la Diktarhemmet (Maison des poètes), maison que le propriétaire, Holger Schildts, un célèbre éditeur finlandais, offrit à Borgå aux écrivains qui souhaitaient y séjourner. Il devint assez célèbre avant d’être complètement oublié. Aujourd’hui, de nombreux lettrés (en Finlande) n’ont jamais entendu parler de lui, ce qui est regrettable car il a écrit une œuvre d’une grande qualité.

 

Dikter (1900), Mot öknen (1907), Röda skyar (1907), Oväder (1910),          I sanden (1915)...

Aucun livre disponible en français.

 

 

Près de l’église la vieille maison

regarde l’eau par-dessus le toit.

Ses murs blancs se voient de très loin

et les fenêtres brillent au soleil du soir.

 

Rien ne brise le grand calme,

ici le regard et la pensée vagabondent au plus haut,

comme l’hirondelle qui vole librement autour de la maison,

et frôle le toit brisé de son aile.

 

 

 

På kyrkobacken står det gamla huset
och skådar över taket ned mot ån.

Dess vita murar synas långtifrån
och fönstren, glimmande i aftonljuset.

 

Det stora lugnet störes här av ingen,
här blick och tanke ströva högt och vitt,

likt svalan, som kring huset kretsar fritt
och snuddar vid dess brutna tak med vingen.