Larson Kaarlo KYÖSTI,

dit Larin-Kyösti

(1873-1948)

 

LARIN-KYÖSTI, pseudonyme de Karl Gustaf Larson, aussi Kaarlo Kyösti Larson (son nom « en finnois »).

Finlandais de langue finnoise.

Fils d’émigrants suédois, Larin-Kyösti sera élevé dans la langue finnoise et écrira donc en finnois. Il devint célèbre pour ses ballades et ses chants folkloriques humoristiques.

Il voyagea en Europe et fut très ouvert sur la littérature européenne.

 

Kulkurin lauluja (Chants du vagabonds), 1899 ; Valittuja runoja (Poèmes choisis), 1913 ; Balladeja (Ballades), 1913.

Aucun livre disponible en français.

 

 

Juhannus

 

Nyt juhannuksen taivas korkeana kaartaa

ja syvälle sen kuva järven pintaan päilyy.

Juhannuskukat tuoksuu kartanoilla,

ruiskorret vainiolla hiljaa häilyy,

käy lämmin tuuli niin kuin äidin henkäys,

maaemon loppumaton sydänlempeys.

 

Nyt juhannuksen taivas korkeana kaartaa

ja päivä kallistuu ja mailleen seutuvilta,

mut valo viipyy, viihtyy kukkuloilla.

On leppoisa ja tyyni suvi-ilta,

ja vetten yllä suven henki uinuaa.

Pian auringon taas nousevan se ennustaa.

 

 

La Saint-Jean

 

Maintenant le ciel de la Saint-Jean tourne si haut

son image est sur les lacs.

Les fleurs embaument dans les cours,

le seigle dans les champs vacille,

le vent chaud souffle, maternel

la douceur infinie de la terre dans le cœur.

 

Maintenant le ciel de la Saint-Jean tourne si haut

le jour s'incline et des contrées alentour

la lumière s'attarde, heureuse dans les collines.

Le soir d'été est gai et calme,

sur l'eau s’est endormi le souffle de l'été.

Et le jour de nouveau bientôt se lèvera.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arvid MÖRNE

(1876-1946)

 

Finlandais de langue suédoise.

Arvid Mörne fut très attaché à la région du sud-ouest de la Finlande, l’archipel de Turku et la région d’Uusimaa.

Il s’engagea politiquement pour plus de justice sociale.

Diplômé de littérature et d’histoire à l’université d’Helsinki, il travailla comme directeur d’école et enseignant. Participant à une grève générale, il perdit son poste en 1905.

Il obtint plus tard un poste à l’université d’Helsinki, écrivit dans des journaux, et devint peu à peu un poète célébré. Il se maria et eut trois enfants.

Mörne est le pionnier d’une tonalité nouvelle et révolutionnaire dans la poésie finlandaise (et nordique, car on retrouve cette tendance dans les autres littératures du nord)  : l’authenticité, la spontanéité. Il exprime tout dans ses poèmes, y compris la plus simple impression, le plus mince souvenir : tout est digne d’être dit, car c’est expérience humaine. Qu’on lise le discours de Seamus Heaney lors de la remise de son prix Nobel et l’on verra combien cette tendance est importante dans la poésie contemporaine encore.

 

Rytm och rim (Rythme et rime), 1899 ; Nya sånger (Nouveaux chants), 1901 ; Skärgårdens vår (Le printemps de l'archipel), 1913 ; Sommarnatten (La nuit d'été), 1916 ; Dikter i urval (Choix de poèmes), 1926.

 

Aucun livre disponible en français. Nous discutons des droits pour publier un volume.

 

 

Mon jeune amour

 

Mon jeune amour, nous sommes arrivés

à la lisière de l'océan de la vieillesse,

le gris, le triste. Contre le lichen de ses rocs

la longue houle de mon désir est condamnée à sommeiller.

 

Ô ne vois-tu pas : que je suis l'automne perfide,

la lance empoisonnée dirigée vers ton cœur,

toi jeune, ardente, et dont l'amour découvre

pour de brûlantes caresses ta poitrine de jeune fille ?

 

Ô ne pressens-tu pas, quand tombe la robe

dans un tendre, blanc tourbillon à tes pieds

et quand, telle Aphrodite, tu souris vers

les rives d'un pays de rêve de corail,

que je suis brisé jusqu'à la racine de mon être ?

 

 

Min unga älskade

 

Min unga älskade, vi äro komna

till branterna vid ålderdomens hav,

det gråa, trista. Mot dess klippors lav

min längtans långa dyning dömts att domna.

 

O, ser du ej : jag är den dolska höst,

som giftastänkt lans emot ditt hjärta måttar,

du unga, glödande, vars kärlek blottar

för heta smekningar ditt jungfrubröst ?

 

O, anar du icke du, när dräkten faller

i mjuka, vita virvlar till din fot

och du, som Afrodite, ler emot

ett lyckorikets stränder av koraller,

att jag är brutten i mitt väsens rot ?

 

 

Sur un chemin ensorcelé

 

Je marche sur un chemin ensorcelé et je commence un chant

sur un puits du pré, qui porte ton image dans la prison sombre de l'eau,

et sur le balancier du puits, le seau

et sur le géranium rouge

et tout ce qui brillait près de ton chemin dans le lever de soleil de Juin.

 

Je marche sur un chemin ensorcelé et je suis moi-même changé

en un monde de la nuit au calme infini où chaque buisson est clairement

      audible.

Je cherche le puits, le puits.

Je suis si largement avancé

que le long chemin de la vie tourne de nouveau vers les environs du

      puits.

 

Je marche sur un chemin ensorcelé parmi les buissons de blancs lauriers-

      tins,

quand la nuit sur les champs du ciel sème les pâles étoiles,

et tout ce qui a fui le plus loin,

devient le plus réel et le plus proche,

et tout ce qui est proche flotte au loin comme une brume, là où je vais.

 

 

 

På en förtrollad stig

 

Jag går på en förtrollad stig och sätter hop en sång

om ängens brunn, som bar din bild i vattnets dunkla fång,

om svängeln och om stävan

och om den röda nävan

och allt, som lyste vid din väg i junis solnedgång.

 

Jag går på en förtrollad stig och jag blir själv förbytt

i nattens värld av ändlös ro, där varje snår är lytt.

Jag söker brunnen, brunnen.

Jag är så vida hunnen

att livets långa väg sig krökt mot brunnens näjd på nytt.

 

Jag går på en förtrollad stig bland vita olvonsnår,

när natten över himlens fält de bleka stjärnor sår,

och allt, som flyktat fjärmast,

blir verkligast och närmast,

och allt det nära svävar bort som dimman, där jag går.