Esaias TEGNÉR 

(1782-1846)

 

Professeur de littérature grecque, évêque, diplômé de philosophie, on a parfois dit de lui qu'il était le père de la poésie moderne en Suède. Auteur de la Frithjofs saga, poème épique qui fut traduit en plusieurs langues.

Né dans le Småland, étudiant à Lund, il épouse Anna Maria Gustava Myhrman, qu’il aimait depuis son plus jeune âge. C’est en 1922, après des années de professorat, qu’il est nommé évêque de Vaxsjö, où il restera jusqu’à sa mort.

 

Nattvardsbarnen (1820), Axel (1822).

Aucun livre disponible en français.

 

Il y a longtemps

 

Te souviens-tu comme les instants fuyaient,

en ce temps là si vite enfui ?

Te souviens-tu comme brûlaient nos cœurs

en un charme béni l'un pour l'autre ?

Je ne compte pas les instants de regret,

un Dieu les a comptés seulement,

mais le cœur murmure là, en moi :

«Il y a longtemps, il y a longtemps !»

 

Et vint un autre temps : ton sentiment

refroidit ; pourquoi, je ne le sais.

mon extase pâlit en souvenirs,

cependant j'avais toujours une amie.

Je pus toujours presser ta main,

toujours pleurer près de ton cœur ;

c'était consolation, bonheur,

mais il y a longtemps, si longtemps !

 

Tout, tout pour moi a-t-il disparu,

non seulement l'aimée, mais l'amie ?

Souffle sur la braise, qui brûla,

et dis-moi : un peu en est encor vivant !

Reviens telle qu’aux jours enfuis,

alors le soleil brillait de nos joies,

et embrasse-moi, pendant que je me plains :

«Il y a longtemps, il y a longtemps !»

 

 

 

För länge se'n

 

Minns du, hur stunderna försvunno
Den tiden, som så snart försvann ?
Minns du, hur våra hjärtan brunno
I salig tjusning mot varann ?
Jag räknar ej min saknads stunder,
En gud har räknat dem allen,
Men hjärtat sucker dock därunder :
«För länge se'n, för länge se'n !»

 

Där kom en annan tid : Ditt sinne
Blev kallt ; varför vet jag ej än.
Min sällhet bleknade till minne,
Men dock jag ägde kvar en vän.
Din hand fick jag dock ännu trycka,
Fick gråta vid ditt hjärta än ;
Det var ändå en tröst, en lycka,
Men länge se'n, för länge se'n !

 

Har allt, har allt för mig försvunnit,
Ej älskarinna blott, men vän ?
Blås åter på den glöd, som brunnit,
Och säg mig : Liten lever än !
Bliv som du var i forna dagar,
Då solen av vår lycka sken,
Och kyss mig, under det jag klagar :
«För länge se'n, för länge se'n !»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Erik Gustaf GEIJER  

(1783-1847)

 

Ecrivain, philosophe, compositeur et historien, il enseigna à l’université d’Uppsala. D'abord conservateur, il devint libéral, promut les réformes sociales et lutta contre l'esclavage.

Né dans le Värmland, dans une riche ferme dont son père est le propriétaire, il reçoit un enseignement à la maison, puis à Karlstad, et enfin à l’université d’Uppsala. Il fait des études brillantes et ses ouvrages seront vite remarqués. Il voyage au Danemark, en Allemagne. Reconnu comme un des précurseurs et penseurs du romantisme suédois. Ses poèmes n’ont pas fait l’objet d’une publication en volume, de son vivant.

Geijer est un génie aux multiples facettes : bien qu’il ait été un compositeur peu prolifique, son œuvre musicale est remarquable ; sa poésie a sa place auprès des grandes œuvres romantiques européennes.

 

Aucun livre disponible en français.

 

Ce que j’aime

 

Terre verdoyante, reçois mon salut !

Mer bleuissant, je t’aime !

Vivante lumière dans l’abîme et les hauteurs,

soleil céleste ! Tu es ma joie.

Mais plus que la plus belle couronne de la terre

et plus que la danse des vagues bleues,

et plus que l’éclat même du soleil,

j’aime, j’aime -

la lumière de l’aube d’un bien-être céleste

dans une poitrine humaine tremblante.

 

 

 

 

Vad jag älskar

 

Grönskande jord, min hälsning tag !
Blånande hav, dig älskar jag !
Livande ljus i djup och höjd,
himmelska sol ! Du är min fröjd.
Men mer än jordens skönsta krans,
och mer än blåa böljans dans,
och mer än själva solens glans,
älskar, älskar jag -
himmelska ljusets gryende tröst
i ett bävande mänskobröst.