Peter SANDELIN

(1930)

 

Finlandais de langue suédoise.

Né à Jakobstad en 1930, poète et artiste peintre. Poète engagé dans les problèmes de société, des conditions de vie et d’environnement. Admirateur de Gunnar Björling.

 

Stunder av ljus (Instants de lumière), 1960 ; En vanlig solig dag (Un jour de soleil ordinaire), 1965 ; Minuter på jorden (Minutes sur la terre), 1968 ;  I skuggan av ingenting (A l’ombre de rien), 2000.

Aucun livre disponible en français.

 

någonting finns kvar

av ett föregående

 

i ditt ansikte flämtar ännu skenet

av en för länge sedan jordad blixt

 

den gamla eken såg vi aldrig växa

men vi vet att årsringarna

tecknar sig ända ut till barken

 

i den regntunga, sotiga snön

ligger skalen av kottar kvar

 

och ekorren ?

(…)

 

 

 

 

Quelque chose demeure

du passé

 

en ton visage vacille toujours le reflet

d’un éclair inhumé, trop ancien

 

le vieux chêne, nous ne le voyons jamais

   croître

mais nous savons que les anneaux

   des ans

se dessinent sous le contour de l’écorce

 

dans la neige lourde de pluie, pleine

   de suie

demeure l’écorce des pommes de pin

 

et l’écureuil ?

(…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Pentti SAARITSA 
(1941)

Finlandais de langue finnoise.
Pentti Saaritsa est né en 1941. Il étudie la littérature et la langue finnoise à l’université d’Helsinki. Traducteur de poésie sud-américaine, il a publié une vingtaine de recueils.

Syksyn runot (Poèmes de l’automne), 1973 ; Runot 1965-1982 (Poèmes 1965-1982), 1983.
Aucun livre disponible en français.

 

 

 

 

Matin

 

En cette rue je ne suis jamais allé,

cette rue donc n’existe pas.

Il n’y eut pas de matin, ni de brume,

il n’y eut pas les bruits des

      embouteillages,

il n’y eut rien du tout.

Je n’ai pas ouvert la porte sur

      cette rue étrange

rien ne semblait tiré d’une mauvaise

      et courte histoire,

il n’y eut pas de vains souvenirs,

ni parcs aux brumes matinales.

 

Le cœur d’un certain homme fut laissé
devant la porte d’une certaine maison.

La maison qui n’existait pas,

et dont il ne me fut donné de sortir.

Nulle femme n’est demeurée assise

les yeux baissés dans un petit

      appartement

et n’est restée sans mot dire.

(…)

 

Aamu 

Sillä kadulla en ollut milloinkaan,
sitä katua ei siis ollutkaan.
Ei ollut aamu, ei ollut sumua,
ei ollut varhaisen liikenteen kumua,
ei ollut yhtään mitään.
En tullut ovesta vieraalle kadulle
kaikki ei tuntunut pahalle sadulle,
ei ollut turhia muistoja,
ei aamusumuisia puistoja.

Erään miehen sydän oli paikoitettu
sen tietyn talon oven eteen.
Sen talon jota ei ollutkaan,
ja josta en sattunut poistumaan.
Kukaan nainen ei jäänyt istumaan
allapäin pieneen asuntoon
eikä sanomatta jäänyt sanaakaan.
(…)