Harriet NORDLUND

(1954)

 

Harriet Nordlund, « Lulesame », vit à Stockholm. Actrice, directrice de théâtre, et auteur pour le théâtre.

Aucun livre disponible en français.

 

Gammal

 

Åldriga händerna.

Läderkinderna.

Din blick långt borta.

Tiden

som för länge sedan har slutat ticka i ditt huvud.

Dagarna som flyter ihop.

Leendet, när du ser mitt barn som leker.

Här har du själv växt upp.

Känner varje steg.

Skogen är din kropp.

Historier från förr.

Plötsligt blir du ung igen.

Minns hur du gick.

Vad du orkade bära.

Det fanns bara en sak :

arbete.

Vi vet inte vad ordet är.

Du blir trött igen.

Tyst.

Vad jag skulle vilja fråga dig mycket.

Höra dig tala dina tankar om idag.

Hur lever vi ?

Vad ser du ?

Jag ser på ditt vita hår.

Du är så vacker.

Din blick så långt borta.

 

 

Âge

 

Mains âgées.

Joues de cuir.

Ton regard au loin.

Le temps

qui depuis longtemps a cessé de faire tic tac dans ta tête.

Les jours qui se sont envolés.

Le sourire quand tu regardes mon enfant jouer.

Ici tu as toi-même grandi.

Tu connaîs chaque pas.

La forêt est ton corps.

Histoires du passé.

Soudain tu es jeune de nouveau.

Je me rappelle comme tu marchais.

Ce que tu pouvais porter.

Il n’y avait qu’une chose :

le travail.

Nous ne savons pas quel est le mot.

Tu ressens la fatigue de nouveau.

Silence.

Tant de questions que j’aimerais te poser.

T’entendre dire tes pensées sur aujourd’hui.

Comment nous vivons ?

Que vois-tu ?

Je vois tes cheveux blancs.

Ton regard, si loin.

 

 

Martha JÅMA

(1926)

 

Same du sud. Vit à Snåsa, en Norvège. Enseignante et éleveuse de Rennes.

Aucun livre disponible en français.

 

 

Det bor en lengsel i meg

etter fjellet og fred

etter spor av ett folkeferd

som kan minne om fortida mi.

 

Si meg, du fjellbekk som rinner

så muntert blandt steiner og lyng

har du släkt törsten til vandrer

som er i slekt med meg.

 

Du stein som står der så stor og urokkelig

der oppe hvor vindene snur

til deg kom kan hende nåjden

når fjellet var stort og fritt.

 

Og runebomma di måtte du gjømme

langt inne i fjellets ur

langt ifra prest og lejdefolk

den var hednisk og skulle vekk.

 

Du aahka Meele, som visste så mangt

om livet som var en gang

hvorfor fortalte du aldrig

om det som du hadde hørt ?

 

Kanhende du ville gjort det

den gangen ved veiens slutt

men jag var ikke til stede

og kansje du var altfor trett.

 

Og spora til fedrene mine

blir visket ut etterhvert

gjerder og gammer er råtnet ned

og jorda ho vokser igjen.

(…)

 

 

 

Il y a un désir en moi

pour les montagnes et la paix

pour les traces des nomades

qui peuvent me rappeler mon passé.

 

Dis-moi, toi torrent de montagne

si gai parmi pierres et bruyère

as-tu étanché la soif du voyageur

qui m’est apparenté.

 

Toi pierre qui est là si forte et inébranlable

là-haut où les vents tournoient

peut-être que venait jusquà toi le nåjd

quand la montagne était libre et grande.

 

Et ton runebomma, tu dois le cacher

loin sous les pierres de la montagne

loin du pasteur

il était païen, puissant.

 

Toi grand-mère Meele, qui savait tant

sur la vie d’autrefois

pourquoi ne contas-tu jamais

ce que tu avais entendu ?

 

Peut-être souhaitais-tu le faire

à la fin du chemin

mais je n’étais pas là

tu étais peut-être trop fatiguée.

 

Et les traces de mes parents

s’effacèrent peu à peu

les clôtures et les tentes ont pourri

et la terre les a recouvertes.

(…)