Erik Johan STAGNELIUS  

(1793-1823)

 

Souffrant d'une mauvaise santé, alcoolique, consommant de l'opium, il mourut tôt d'une crise cardiaque. Dramaturge autant que poète, certains critiques l'ont comparé à Shelley. Il n'obtint une renommée en tant que poète qu'après sa mort.

Né à Öland, d’un père vicaire, il étudie à l’université d’Uppsala. Réputé pour sa laideur, il chercha le succès qui ne vint jamais et vécut seul, isolé la plupart du temps.

 

Liljor i Saron (1821), Backanterna (1822).

Aucun livre disponible en français.

 

 

Amanda

 

I blomman, i Solen

Amanda jag ser.

Kring jorden, kring polen

Hon strålar, hon ler.

I rosornas anda,

I vårvindens pust,

I drufvornas must

Jag känner Amanda.

 

När gullharpan klingar,

När Västan sig rör

Med susande vingar,

Amanda jag hör.

Allt, Ängel, bestrålar

Din himlagestalt,

Lik Skaparns i allt

Din gudom sig målar.

 

Se ! själarne ila,

Vid dödängelns bud,

Till gyllene hvila

I famnen af Gud.

Se ! floderna hasta

Med skummande fart.

I hafvet de snart

Sig dånande kasta.

 

Men aldrig min trånad

Till målet skall nå.

Blek, suckande, hånad,

Jag enslig skall gå,

Skall evigt, Gudinna !

Lik stjernan dig se

Högt öfver mig le

och aldrig dig hinna.

 

Amanda

 

Dans la fleur, dans le soleil

je vois Amanda.

Autour de la terre, et du ciel

elle rayonne, elle sourit.

Dans la respiration des roses,

le souffle du vent du printemps,

et le jus du raisin -

je sens Amanda.

 

Quand sonne la harpe d’or,

et quand souffle le vent d’ouest

aux ailes chuchotantes,

j’entends Amanda.

Tout, Ange, révèle

ta forme céleste,

comme celle de Dieu, en tout

ta divinité se dessine.

 

Vois ! les âmes se hâtent,

par ordre de l’ange de la mort,

vers un repos doré

au sein du créateur.

Et vois ! les flots se hâtent

dans une course écumante.

Et dans la mer si vite

ils se jettent avec fracas.

 

Mais jamais, jamais mon désir

ne pourra atteindre son but.

Pâle, gémissant, et moqué,

je vais aller seul,

toujours, déesse !

Comme l’étoile te regarde

au-dessus de moi, elle rit

et jamais ne t’atteint.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carl Jonas Love ALMQVIST  

(1793-1866)

 

Romancier prolifique, il fut également enseignant, journaliste, pasteur, et fermier. Accusé d’avoir voulu (cette histoire ne put être élucidée) assassiner un ami usurier, il dut s’exiler, en Amérique puis en Allemagne.

Ses romans sont terriblement subversifs et il est souvent condamné par l’église : dans l’un d’eux, une femme vit avec un homme sans être mariée ; dans l’autre, le personnage principal est un androgyne qui inspire de l’amour aux hommes comme aux femmes.

 

 Songes (1849).

Aucun recueil de poèmes disponible en français.

 

 

 

 

Hjertats blomma

 

En blomma står i hjertats hem,

Hon har ingen färg ännu ;

Herren Gud i himmelen den blomman har gjort, o Du ! -

Blomman stod i hjertats hem,

Hon hade ej färg ännu,

Men af Herren Gud dock hon hade namnet Törnros.

Rosens törnen såra hjertat.

Då rinner blod derur.

Hjertat frågar Herren :

« Hvi gaf du den rosen åt mig ? »

Herren himmelskt svarar :

« Blodet utur ditt hjerta färgar din ros åt dig :

du och ditt hjertas ros då likna i fägring mig. »

 

 

 

 

La fleur du cœur

 

Une fleur est au foyer du cœur,

Elle n’a pas de couleur encore ;

Dieu au ciel a fait la fleur - Ô Toi !

La fleur était dans le foyer du cœur,

Elle n’avait pas de couleur encore,

Mais de Dieu cependant elle eut nom : aubépine.

La rose de l’aubépine blesse le cœur.

Alors le sang coule.

Le cœur demande au Seigneur :

« Pourquoi me donnas-tu la rose ? »

Le Dieu du ciel répond :

« Car le sang de ton cœur colore en toi la rose :

Toi et la rose ainsi en beauté me ressemblent. »