Viktor RYDBERG 

(1828-1895)

 

 Né à Jönköping. Il mena une longue carrière de journaliste, publiant des poèmes et une autobiographie romancée. Il fut Doctor honoris causa de l’université de Lund.

Né dans une famille pauvre, il est placé dans une institution, sa mère étant morte du choléra et son père ayant sombré dans l’alcoolisme. Brillant étudiant, il ne pourra achever ses études en raison de sa pauvreté. Il connaît le succès grâce à ses premiers romans et devient une figure centrale du romantisme.

L’œuvre de Rydberg est significative du « second » romantisme suédois : lyrisme mêlé de philosophie (simple), voire de didactisme.

 

 Dikter (1882).

Aucun livre disponible en français.

 

 

Enfant de mélancolie

 

Où qu'il aille, le ciel devient comme la nuit,

tous les oiseaux se taisent et puis les champs jaunissent,

le murmure des sources s'éteint, le calice

des fleurs parfumées se referme.

                             

Svårmodets son

 

Vart han går, av nattliga moln betäckes
himlen, fågeln tystnar och ängen
gulnar,
källans sorl förstummas, och kalken
sluter
doftande blomman.

 

 

Din sorg är din

 

Du mänskobarn, hur tung din lott du känne,
sök ej hos dina svaga likar tröst !
Lägg ej din sorg på redan tyngda bröst !
Din sorg är din, och du bör bära henne.

 

Ta peine est tienne

 

Toi, quel que soit le poids de ton destin,

n’attends consolation de tes faibles semblables !

Ne pose ton chagrin contre un sein déjà lourd !

Ta peine est tienne, et seul tu dois la porter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carl SNOILSKY 

(1841-1903)

 

Né à Stockholm. Après de nombreux voyages dans les pays méditerranéens, il travailla pour l’état, ayant de hautes responsabilités. Il fut élu à l’académie suédoise en 1879. Deux recueils de poèmes lui apportèrent la gloire, mais il abandonna finalement l’écriture pour sa carrière diplomatique.

 

Smådikter (1861), Orchidéer (1862), Dikter (1869).

 

Aucun livre disponible en français.

 

 

Gammalt Porslin

 

En kung i Sachsen samlade porslin,

men samlingsvurmen blev en riktig sjuka.

Han bytte bort till kungen i Berlin

sitt garde - tänk - mot en kinesisk kruka !

 

Femhundra man med sabel och karbin,

som preussarn visste att förträffligt bruka,

i exercisen smidiga och mjuka,

i krig en mur, tänk, mot - en blå terrin !

 

Femhundra man med hårpung och med puder !

Slikt dårhusdåd allt vanvett överbjuder

från världens början - ja, så tycker ni.

 

Se’n bytet gjordes har ett sekel svunnit :

femhundra tappra hjärtan brista hunnit,

den gamla krukan - hon står ännu bi.

 

 

 

Vieille procelaine

 

Un roi de saxe collectionnait la porcelaine,

mais sa manie devint une vraie maladie.

Il échangea avec le roi à Berlin

sa garde - pensez ! contre une cruche chinoise.

 

Cinq mille hommes avec sabres et carabines,

que les prussiens savaient parfaitement manier,

dans l’exercice souples et doux,

un mur, en guerre, contre - une soupière bleue !

 

Cinq mille hommes poudrés avec perruques !

Telle folie surpasse toutes les autres

depuis l’aube des temps -, oui, vous le pensez.

 

Et le siècle passé a fait ce changement :

cinq mille cœurs courageux ont eu le temps de se briser,

la vieille poterie - elle est toujours là.