Vilhelm EKELUND

(1880-1950)

 

Quittant la Suède après des démélés avec la justice, il se réfugie en Allemagne puis au Danemark. Sa poésie attendit longuement la reconnaissance mais eut une influence importante sur la génération suivante. Il abandonna l’écriture poétique pour se tourner vers la prose.

Ekelund est un vrai précurseur dans la poésie suédoise ; il en renouvelle fortement l’expression.

 

Melodier i skymning (1902) ; Havets stjärna (1906) ; På havsstranden (1922).

Aucun livre disponible en français, an anglais : « The second light » (North point press 1986).

 

 

 

Je n’écris de poèmes pour personne -

 

Je n’écris de poèmes pour personne -

pour le vent qui voyage,

pour la pluie qui pleure,

mon chant est comme le coup de vent

qui murmure et va

dans les ténèbres de la nuit d’automne

et parle avec la terre

et la nuit et la pluie.

 

 

Jag diktar för ingen

 

Jag diktar för ingen -

för vinden som vandrar,

för regnet som gråter,

min sång är som blåsten

som mumlar och går

i höstnattens mörker

och talar med jorden

och natten och regnet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pär LAGERKVIST

(1891-1974)

 

Pär Lagerkvist naît à Växjö, dans le Småland. Son éducation est très religieuse, mais il devient rapidement un darwinien convaincu. Plus âgé, ses romans montrent cependant un intérêt certain pour la religion (Barabbas, Det heliga landet, ”La terre sainte”).

Il étudie l’art et la littérature à Uppsala mais quitte l’université sans diplôme. Il publie alors son pemier roman.

Dès la seconde guerre mondiale il s’installe au Danemark.

Connu essentiellement pour ses romans, traduits dans plusieurs langues, remarqué par André Gide, il obtient le prix Nobel en 1951.

 

Motiv (Motifs), 1914 ; Ångest (Angoisse), 1916 ; Kaos (Chaos), 1919 ; Den lyckliges väg (Le chemin de l’heureux), 1921 ; Hjärtats sånger (Chants du cœur), 1926 ; Hemmet och stjärnan (Le foyer et l’étoile), 1942.

 

Un volume de poésie est paru chez Arfuyen : « Pays du soir ».

 

 

Tout est si étrangement éloigné aujourd’hui,

si loin, si loin.

Dans les nuages on entend le battement d’ailes

d’oiseaux, loin, si loin.

 

Clair comme une horloge d’argent et de verre,

loin, très loin,

résonne une voix d’oiseau frêle comme du verre

dans un ciel loin, si loin.

 

Seul dans la lumière du soir j’écoute.

Que les jours racourcissent.

L’automne est venu. Bientôt la nuit va tomber.

J’entends les ailes si loin, si loin.

 

 

 

Allt är så underligt fjärran idag,

så långt långt borta.

Inne i molnen hörs vingarnas slag

av fåglar, långt långt borta.

 

Klar som en klocka av silver och glas,

långt långt borta,

ljuder en fågelröst spröd som glas

i en himmel långt långt borta.

 

Ensam i kvällsljuset lyssnar jag.

Vad dagarna börjar bli korta.

Hösten har kommit. Snart skymmer min dag.

Jag hör vingar så långt långt borta.