Karin BOYE

(1900-1941)

 

Karin Boye est née ŕ Göteborg. Elle étudie le grec ancien, les langues nordiques et l’histoire littéraire ŕ l’université d’Uppsala. Engagée politiquement trčs ŕ gauche, elle écrit des romans et des počmes, parallčlement ŕ une carričre d’enseignante.

Elle se suicide en 1941.

 

Moln (Nuages), 1922 ; Gömda land (Terre cachée), 1924 ; För trädets skull (Pour l’amour de l’arbre), 1935 ; De sju dödssynderna och andra efterlämnade dikter (Les sept péchés capitaux et autres počmes posthumes), 1941.

 

Aucun livre disponible en français actuellement.

 

 

I mörkret

 

I mörkret ligger jag och hör,
hur klockor dĺnar utanför
med lĺnga, tunga, jämna slag,
som mörkrets djupa andetag.

 

De dövar allt och söver allt
och löser tingens dimgestalt
i lĺnga, tunga, jämna dĺn,
som tanken aldrig lossnar frĺn.

 

Jag är bland dem som knappast finns
och bara vet och bara minns
det gamla mörkrets hjärteslag,
som väntar ingen morgondag.

 

som fruktar ingen morgondag.

 

 

Dans l’obscurité

 

Dans l’obscurité je me tiens et j’écoute

comment les horloges retentissent dehors

avec des battements longs, lourds, réguliers,

comme la respiration profonde de l’obscurité.

 

Elles assourdissent tout et endorment tout

et défont les formes embrumées des choses

avec des battements longs, lourds, réguliers,

dont la pensée jamais ne se détache.

 

Je suis parmi eux et je ne suis ŕ peine

et seulement je sais - seulement me rappelle

le battement de cśur de l’ombre ancienne,

n’attendant aucun lendemain.

 

Ne craignant aucun lendemain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Harry MARTINSON

(1904-1978)

 

Premier écrivain issu des classes populaires ŕ l’académie suédoise, il est connu comme l’un des chefs de file des « écrivains prolétariens ». Il partagea le prix Nobel avec E. Johanson. Son pčre mort, sa mčre l’abandonnant, il est placé avant de s’engager ŕ 16 ans sur un bateau. Il en revient tuberculeux. Menant une vie précaire, il commence par publier des počmes avant de se faire connaître comme romancier.

 

Fem unga (Cinq jeunes), 1929 ; Spökskepp (Bateau fantôme), 1929 ; Nomad (Nomade), 1931 ; Natur (Nature), 1934.

Aucun recueil de počmes disponible en français, mais de nombreux romans.

 

Mouette morte

 

Jamais plus ne piquera

mon bec affamé

le calme des brumes.

Jamais plus je ne me balancerai en transe

sur la vague jouant de soleil ;

ne me goinfrerai plus ne m’ébrouerai plus

- sur l’écueil grossier -

jamais, Ô jamais.

 

Mais dans la brume vit mon cri égaré.

Tu l’entendis, pęcheur,

et l’écho d’une bouée bercée,

la houle t’égara

sur la mer.

Jamais plus ne grinceront tes tollets

se tendant lŕ dehors.

- Silencieuse est la nuit -

Vis, Ô mon cri solitaire.

 

 

Död sjömĺs

 

Aldrig mer stingar

min hungriga näbb

dimmornas ro.

Aldrig mer gungar jag transjuk

pĺ solspelande vĺg ;

frossar ej mer

- pĺ skrovliga kobben -

stortorskens lever -

aldrig - O, aldrig.

 

Men i dimman lever mitt vilsna skri.

Du hörde det, fiskare,

och klangen av en gungande boj,

dyningen smög

dig vilse pĺ havet.

Aldrig mer gnissla dina ĺrtullar sugande där ute.

- Tyst är natten -

Lev, O mitt ödsliga skri.