Erik LINDEGREN

(1910-1968)

 

Erik Lindegren est né à Luleå ;  il réside ensuite, jusqu’à l’âge de vingt ans, à Malmö, Kiruna et Östersund. Il publie son premier recueil à 25 ans, très traditionnel. Il devient par la suite beaucoup plus « moderniste ». Il fut membre de l’académie suédoise en 1962.

 

Posthum ungdom (Jeunesse posthume), 1935 ; Mannen utan väg (L’homme sans chemin), 1942 ; Sviter (Suites), 1947.

Aucun livre disponible en français.

 

 Arioso


Någonstans inom oss är vi alltid tillsamman,
någonstans inom oss kan vår kärlek
aldrig fly
Någonstans
o någonstans
har alla tågen gått och alla klockor
stannat :
någonstans inom oss är vi alltid här
och nu,
är vi alltid du intill förväxling och förbländning,
är vi plötsligt undrans under och förvandling,
brytande havsvåg, roseneld och snö.

 

någonstans inom oss där benen har vitnat

efter forskares och tvivlares nedsegnade törst

till förnekat glidande, till förseglat vikande

moln av tröst!

någonstans inom oss

där dess ben har vitnat och hägringarna mötts

häver fjärran trygghet som dyningarnas dyning

fäller drömmen alltid masken och blir du

som i smärta glider från mig

för att återkomme till mig.

 

 

Arioso

 

Quelque part, en nous, nous sommes toujours ensemble,

quelque part en nous notre amour ne peut jamais fuir

quelque part

Ô quelque part

tous les train sont partis et toutes les horloges se sont arrêtées :

quelque part en nous, nous sommes toujours ici et maintenant,

nous sommes toujours toi près de la confusion et de l’éblouissement

nous sommes soudain le miracle de l’étonnement et le changement,

vague brisée, feu de rose et neige.

 

Quelque part en nous où l’os a blanchi

après la soif qui s’écroule du chercheur et du sceptique

vers le nuage de consolation nié, approchant, scellé et cédant !

quelque part en nous

où l’os a blanchi et où les mirages se sont croisés

se soulève au loin la sécurité comme la houle suprême

s'abat le rêve toujours un masque et tu es

tu t'éloignes comme en souffrance

pour toujours revenir à moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Werner ASPENSTRÖM

(1918-1997)

 

Ami de Stig dagerman, membre de l’académie suédoise (il démissionna, jugeant l’académie trop timide à soutenir Salman Rushdie) ; il disait «écrire pour son chat»...

 

Förberedelse (Préparation), 1943 ; Skriket och tystnaden (Le cri et le silence), 1946 ; Snölegend (Légende de neige), 1949.

Aucun livre disponible en français.

 

Elegi

 

Solkalotten högt på berget glöder.

Nyss tog skogen aftonmössan av.

(...)

 

Något som blev lovat men ej givet

och som även trasten känt,

han som prasslat i min trädgård hela

dagen och de gula löven vänt.

 

Obeslutsam står jag här på stigen,

rädd att leva, rädd att dö,

rädd att med min andedräkt besudla

månens snö.

 

 

Elégie

 

Le calot du soleil haut sur la montagne rougeoie.

(...)

La brise du soir cherche encore dans l’herbe

quelque chose que l’été n’a pas donné.

 

Quelque chose qui fut promis mais non donné

et que même la grive a connu,

elle qui a sussuré dans mon jardin

tout le jour et a retourné les feuilles jaunes.

 

Indécis je me tiens là sur le sentier,

peureux de vivre, peureux de mourir,

peureux de souiller par ma respiration

la neige de la lune.