Poésie de Suède (Sverige)

 

 

 

La Suède reste un pays pauvre au XIXème siècle, mais c’est probablement le pays nordique où le développement industriel est le plus flagrant, tiré par de célèbres inventions (la dynamite, par Alfred Nobel, les allumettes...). Elle perd la Finlande, au profit de la Russie, après une guerre qui réduit aussi une partie de son territoire. Mais avec le Danemark, seule la Suède est un état indépendant parmi les pays nordiques. Au XXème siècle, les conditions économiques ne connaîtront un véritable essort qu’après guerre.

 

La Suède est avec le Danemark le pays scandinave qui a le rayonnement le plus important au XIXème siècle. Universités, cour, la vie culturelle est vivante et les poètes sont nombreux ; ouverts sur l’Europe, ils voyagent et se rencontrent. Si la Suède connaît aussi de nombreux dialectes, la langue littéraire est unifiée et ne connaît pas les difficultés du norvégien.

Le romantisme y est très précoce, et dès le XVIIIème siècle on trouve des poètes chantant ce que l’on chantera un siècle plus tard dans toute l’Europe : l’amour, la nature, les états d’âme... C’est sans doute ce qui est le plus frappant : la poésie suédoise est non seulement indépendante (Aucun « courant littéraire » ne s’imposant aux poètes), mais prolifique : ainsi Fröding écrit une poésie prodigue et prodige qui ne ressemble à nulle autre, mais aussi en avance sur son temps ; Strindberg y préfigure le surréalisme dès la fin du XIXème. On peut dire sans peine que le XVIIIème et le XIXème siécle forment une grande période poétique, artistique, pour la Suède : la qualité des œuvres et leur nombre en font l’une des grandes cultures d’Europe.

La poésie du XXème siècle peut sembler quelque peu en retrait si on la compare aux œuvres des siècles précédents - mais elle reste une grande poésie en Europe et mérite largement d’être reconnue comme telle.