Stig DAGERMAN

(1923-1954)

 

Abandonné par sa mère, élevé par ses grands parents, Stig Dagerman connaîtra toute sa vie un penchant à l’auto-destruction. Romancier prodige, il devient rapidement célèbre. Syndicaliste engagé, journaliste à ”arbetaren”, la plupart de ses poèmes ont été écrits dans un esprit presque journalistique, réagissant à vif sur l’actualité et publiés quotidiennement dans la presse (Dagsedlar, ”billets quotidiens”). Le poème ”en broder mer” a quant à lui été écrit contre la famine, pour une campagne de la croix rouge.

Il se donna la mort en 1954.

 

De nombreux romans, recueils de nouvelles, et un volume de poésie paru en français : ”Billets quotidiens”.

 

Un frère de plus

 

Tu ne peux refaire le monde.

Calme ton âme violente !

Une seule chose tu peux faire :

A un nouvel être humain, du bien.

 

Mais cela est déjà tant

Que les étoiles elles-mêmes sourient.

Un homme affamé de moins

Est aussi un frère de plus.

 

 

En broder mer

 

Jorden kan du inte göra om.

Stilla din häftiga själ !

Endast en sak kan du göra :

En annan människa väl.

 

Men detta är redan så mycket

Att själva stjärnorna ler.

En hungrande människa mindre

Betyder en broder mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tomas TRANSTRÖMER

(1931)

 

Il naît à Stockholm en 1931, où il fut psychologue jusqu’en 1990. Poète très renommé en Suède et dans le monde (il est traduit en près de 25 langues).

  Je pense qu’à travers les œuvres de Nordbrandt, Tranströmer, et même Johannessen se poursuit la tradition d’une poésie « nordique » : sous un langage sobre s’élabore une poésie subtile dont le thème essentiel reste l’expérience de la vie quotidienne : la poésie refuse de s’affranchir d’un thème qui trouve son origine en dehors du langage : elle garde comme objectif d’exprimer ce qui est expérience.

17 dikter (1954) ; Stigar (1973) ; Östersjöar (1974) ; PS (1980) ; Sorgegondolen (1996)…

 

Paru chez Gallimard : “Baltiques”.

 

Les souvenirs me regardent

 

Un matin de juin lorsqu'il est trop tôt

pour se réveiller mais trop tard pour continuer de dormir.

 

Je dois aller dehors dans la verdure qui est pleine

de souvenirs, et ils me suivent avec un coup d'œil.

 

(…)

 

Ils sont si proches que je les entends respirer

bien que le chant des oiseaux soit stupéfiant.

 

 

 

Minnena ser mig

 

En junimorgon då det är för tidigt

att vakna men för sent att somna om.

 

Jag måste ut i grönskan som är fullsatt

av minnen, och de följer mig med blicken.

 

(…)

 

De är så nära att jag hör dem andas

fast fågelsången är bedövande.