Poésie de Norvège (Norge)

 

 

 

Au XIXème siècle, la Norvège passe de la domination danoise à la domination suédoise ; aspirant à l’indépendance, elle est écrasée par la Suède (menée par Bernadotte). Elle n’obtiendra son indépendance qu’en 1905. Avant la seconde guerre mondiale, la Norvège est un des pays les plus pauvres d’Europe.

La littérature norvégienne est marquée par l’histoire de sa langue, elle-même entraînée par l’histoire du pays. Bien que peu peuplée, la Norvège n’a pas encore aujourd’hui une langue réellement unifiée. Les dialectes sont nombreux à côté des deux langues officielles : le Bokmål et le Nynorsk.

Le Nynorsk est une langue quasi « inventée » par Ivar Aasen, synthèse des dialectes nationaux opérée en réaction contre le Riksmål (qui a évolué vers le Bokmål…), proche du danois et imposée à la Norvège par le Danemark. Mais beaucoup de poètes écrivent en fait dans une langue quasi personnelle, comme Ibsen, utilisant de nombreuses variantes dialectales au gré de leur inspiration, ou bien dans le dialecte de leur région…

Cette variété fait la richesse de la littérature norvégienne, les choix linguistiques ayant donné lieu à des rivalités littéraires, contribuant à la vigueur de certaines œuvres, au succès de certains écrivains portés par les courants politiques rassemblés dans la défense, par exemple, d’une langue « nationale », mais elle eut aussi des conséquences négatives : en étant un frein à la diffusion de certaines œuvres ; qui lirait aujourd’hui, en France, Mireille, de Mistral, écrit en occitan ? ainsi la Norvège ne s’intéresse plus guère à nombre de ses anciens poètes…

La multitude des dialectes complique le travail du traducteur, et rend également le choix des auteurs plus difficile. Certains poètes très doués sont restés inconnus hors de Norvège, et y ont été oubliés, car leur langue était trop « dialectale ».

Le romantisme norvégien est marqué par les luttes nationalistes, avec Wergeland comme chef de file du courant patriotique. Obstfelder marque un retour à l’expression personnelle, qui sera ensuite la règle, avec cependant de grands poètes « ouvriers », comme Rudolf Nilsen, n’hésitant pas à faire une juste propagande, sans que la poésie en fasse les frais.

Notons la présence d’écrivains peu connus comme poètes, tels Ibsen, Knut Hamsun, dont les œuvres poétiques remarquables ont été malheureusement oubliées.