Knut HAMSUN

(1859-1952)

 

Knut Hamsun naît en août 1859 près de Lom. Très pauvre, élevé par un oncle, il émigre aux Etats-Unis dont il revient sans un sou. Il connaît la misère, la faim qu’il décrit dans un roman, Sult, « faim ». Son œuvre romanesque, riche et originale, est une œuvre majeure dans la littérature du vingtième siècle.

Il fut particulièrement controversé pour son soutien au nazisme et à Hitler. Essentiellement opposé au mercantilisme, à la fin de la vie rurale, au monde anglo-saxon, il fut interné de force après la guerre. J’ai lu dans un livre sur le sujet dont j’ai malheureusement oublié les références, qu’il avait aidé des juifs à passer en Suède. Cette information est à prendre avec prudence : je ne l’ai pas retrouvée ailleurs.

La poésie d’Hamsun est occultée par son œuvre romanesque ; elle est pourtant riche : des forêts si aimées de leur auteur, des îles, de poésie simple et parfois fantasmagorique.

 

Det vilde kor (Le chœur sauvage), 1904.

Aucun recueil de poèmes disponible en français actuellement, mais il faut absolument lire ses romans !

 

 

Så vender jeg om

 

Hvad vil mit hjærte, hvor vil min fot ?

Skal skogen lates alene ?

Den var mit hjem som jeg nys forlot,

Jeg vanker og vandrer byen imot

Og stanser i natten sene.

 

En sovende verden ser jeg på,

Det tier så godt i mit øre.

Den stensatte by er stor og grå

Og dit vil alle de andre gå,

Og kjære, hvad skal jeg gjøre ?

 

Lul, lul- ? Ringer det klokker i haugen ?

 

Så vender jeg om til skogens fred

I midnatters sene tide.

Jeg vet hvor det dufter en hægg et sted,

Der lægger jeg hodet i lyngen ned

Og sovner i skogen vide.

 

Lul, lul ! ringer det  klokker i haugen.

 

 

Ainsi je vagabonde encore

 

Que veut mon cœur, où vont mes pas ?

La forêt sera solitaire ?

Je viens de laisser ma maison,

je flâne à travers les villages

et je m’arrête tard la nuit.

 

Je vois un monde qui sommeille,

si silencieux à mon oreille.

La ville est si grande et si grise

et tous, oui, tous veulent y aller,

et mon amour, que vais-je faire ?

 

Un bruit ? Est-ce le clocher sur la colline ?

 

Ainsi je vagabonde encor dans la paix de la forêt

en pleins minuits.

Je sais l’endroit qu’un merisier parfume

où j’étends ma tête dans la bruyère

où je m’endors dans la forêt sauvage.

 

Un bruit. C’est le clocher sur la colline.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nils Collett VOGT

(1864-1937)

 

Romancier et poète, il naquit dans une famille bourgeoise et conservatrice contre laquelle il se révolta violemment. Il se voulut d’abord poète et fut célébré par ses contemporains. Sigbjørn Obstfelder lui consacra un poème, ainsi que Claes Gill.

Vogt fut parfois critiqué pour son conservatisme ; on retrouve une tonalité presque romantique, dans des formes, elles, plutôt classiques.

 

Digte (Poèmes), 1887 ; Fra vaar til høst (Du printemps à l’automne), 1894 ; Musik og vaar (Musique et printemps), 1896 ; Septemberbrand (Feu de septembre), 1907 ; Marskvæld (Soir de mars), 1922 ; Vind og bølge (Vent et vague), 1927 ; Et liv i dikt (Une vie en poésie), 1930.

 

Aucun livre disponible en français.

 

Si j'étais simplement un sapin de la forêt

 

C'est maintenant tard en automne,

l'air ne vibre plus,

l'air reste silencieux et voit

de son regard froid, bleu glacé,

les jeunes bouleaux droits,

aubes jaunes brillant

dans l'église de la forêt.

 

Quand vient la tempête hivernale,

toute la forêt tremble,

les cierges jaunes de l'autel

s'éteignent au premier frisson,

les feuilles s'envolent, flammèches,

l'air pâlit, et la neige tombe,-

alors les grands sapins,

comme de noirs drapeaux, murmurent

dans les salles de la forêt.

 

Et alors je vais en forêt,

j'écoute le murmure du vent

glisser dans les cimes vieillies,

gémir sur la montagne sombre,

si ténébreuse, là-haut.

Et je pense en moi-même :

tu n'es pas lumière terrestre

qu’éteint le premier coup de vent.

 

Si j'étais seulement un sapin de la forêt,

quand vient la tempête hivernale,

l'air pâlit, et la neige tombe,

les salles des forêts murmurent

comme un drapeau oscillant, loin,

guettant l’été pour reverdir !

 

 

 

Var jeg blot en gran i skogen

 

De ter blevet sent på høsten,

luften dirrer ikke mer,

luften står blot taus og ser

med sit isblå, kolde øie

på de unge ranke birke,

der lig gule altarblus

lyser op i skogens kirke.

 

Når så vinterstormen kommer,

- hele skogen farer sammen,

og de gule altarlys

slukkes ud ved første gys,

blade fyger om som gnister,

luften blegner, sneen falder,-

er det kun de høie graner,

der lig store, sorte faner

suser gjennem skogens haller.

 

Og da driver jeg i skogen,

og jeg hører vinden sukke,

slide i de gamle toppe,

tude om det mørke fjeld,

som står lige mørkt deroppe.

Og jeg tænker ved mig selv :

du er intet tællelys,

som det første gufs skal slukke.

 

Var jeg blot en gran i skogen,

der, når vinterstormen kommer,

-luften blegner, sneen falder,-

suser gjennem skogens haller

lig en vidt udslagen fane,

til det grønnes næste sommer!

 

Vogt, Nils Collett (portrettfoto i profil) (bilde)