Bólu-Hjálmar

Bjarni THÓRARENSEN

(1786-1841)

 

Né dans le sud de l’Islande, ŕ Brautarholt ; élevé par des précepteurs, il entre ŕ l’université de Copenhague. Diplômé en droit, il est juge en Islande puis vice gouverneur du nord du pays.

Le romantisme mélancolique de ses počmes est ŕ remettre dans son contexte : s’il a étudié au Danemark, Bjarni Thórarensen n’en a pas moins vécu bien loin des capitales culturelles de son temps !

 

Kvćđi (Počmes), 1847.

 

Aucun livre disponible en français.

 

 

Le vent d’ouest

 

Toi, qui au printemps

d’un souffle chaud

te cogne aux flancs des montagnes,

enveloppe les cimes glacées

glisse sur les pics enneigés

et les couvre d’un voile vert,

t’es-tu rappelé, vent d’ouest,

de notre conversation ?

 

As-tu des mers du sud

apporté comme promis

le baiser de mon aimée

aux joues colorées, l’as-tu apporté ?

 

J’ai trouvé le baiser de ton aimée

aux joues colorées,

je l’ai porté par-dessus les flots,

ŕ travers l’air éblouissant,

pourtant ne sois pas en colčre

bien que je l’aie laissé.

 

Car j’ai trouvé en un bosquet

un beau lys,

ŕ la tęte penchée,

condamné ŕ mort,

cette beauté de feuilles me demanda

de le sauver ;

j’oubliai ma promesse

et lui donnai le baiser.

 

La vie disparue, partie,

releva la tęte

par l’amour donné le plus fervent

et elle me sourit.

La vie me remercia

de ce tendre baiser.

 

 

Vestanvindurinn

 

Ţú, sem, ţegar vorar,

ţínum hlýja anda

hlíđar steini studdra

storđar ísa fjalla

hrímţaki sviftir hörđu

og hjúpi grćnum sveipar,

hefirđu, vestanvindur,

viđurtal okkar munađ ?

 

Hefirđu’ of hafiđ spánska

heitan munađ mér fćra

kossin kćru minnar

kinnrjóđrar, er ţú hézt mér ?

 

Sótta ég koss ţinnar kćru

kinnrjóđrar, er ég hét ţér,

bar ég hann blár yfir unnir

hiđ bjarta loft í gegnum,

ţó máttu ţví ei reiđast,

ađ ţér hann fćrt getkat.

 

Ţví ég leit í lundi

lilju fagra í myrgin

bleiku höfđi halla

til helfarar snúna,

blađfögur mig beiddi

ađ bjarga fjörvi sínu ;

gleymdi ég gefnu heiti

og gaf henni kossinn.

 

Fćrđist líf í liđna,

svo lyfti upp höfđi

viđ ylsendin ástar

og upp á mig brosti.

Ţýđ má ţakka lífiđ

ţinnar meyjar kossi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hjálmar JÓNSSON

(1796-1875)

 

 Né ŕ Hallandi dans le nord de l’Islande. Il n’alla pas ŕ l’école, et apprit seul ŕ lire, ŕ écrire. Pauvre, parfois misérable, il fut fermier en divers endroits.

Hjálmar Jónsson est un exemple vivant de la persistance du miracle islandais : počte fermier, počte ouvrier agricole – dans un pays oů les légendaires manuscrits des sagas étaient conservés dans des fermes misérables aux fenętres souvent faites de vessies de mouton !

 

Kvćđi og kviđlingar (Počmes et chansonnettes), 1888.

 

Aucun livre disponible en français.

 

Sagt upp úr ţögn

 

Ţekki ég óminn ţessa hljóms,

ţarf ei umtal meira ;

nálćg ţruma dauđa og dóms

dunar mér viđ eyra.

 

Ber nú margt fyrir brúnaskjá,

sem betra vćri ađ muna ;

en feigum horfi ég augum á

alla náttúruna.

 

 

 

Dit dans le silence

 

Je connais le ton de ces notes,

nul besoin d’en dire plus ;

proche, le tonnerre de la mort et du jugement

résonne ŕ mon oreille.

 

Tant de choses je guette,

qu’il serait bon de rappeler ;

mais condamné, j’ouvre mes yeux

devant toute la nature.