Jónas HALLGRÍMSSON

(1807-1845)

 

Probablement le plus grand počte du dix-neuvičme sičcle, en Islande. « C’est le seul počte d’Islande », s’exclama Ţorsteinn Gíslason en 1903. On sait peu de chose de son enfance, qui semble avoir été plutôt heureuse. La pauvreté le menaça toute sa vie. Il étudia le droit ŕ l’université de Copenhague, mais également la zoologie, et la géologie. Passionné par les sciences, il fut un érudit qui ne cessa d’étudier, de se perfectionner, sans pour autant laisser de côté la littérature. Trčs actif, il participa ŕ de nombreuses associations littéraires. Il utilisa également ses connaissances scientifiques sur le terrain, en Islande, oů il vécut quand il n’était pas au Danemark. Tombant dans un escalier ŕ Copenhague, il se blessa ŕ la jambe. La gangrčne l’emporta.

Il a composé une śuvre importante et sa renommée a dépassé les frontičres de l’Islande. Romantique, il est aussi ironique, voire grinçant, et le ręve a une place importante dans ses počmes qui frôlent parfois l’ésotérisme.

Ljóđmćli (1847).

Aucun livre disponible

en français.

 

Fin du voyage

 

L'étoile de l'amour

sur les roches volcaniques

est cachée par un nuage de nuit ;

elle riait, du ciel

sur le garçon dans la sombre vallée

triste et obstiné.

 

Je sais oů tout espoir

oů ce monde mien

est renforcé par la flamme de Dieu.

Je brise les chaînes de l'esprit

et sincčre, entier

je me serre contre toi.

 

Je sombre et je vois

dans ton âme

vivant de ta vie ;

chaque moment

que Dieu t'aime,

je le découvre en mon cśur brűlant.

 

Nous cueillons sur la montagne,

ensemble,

des fleurs sur les pentes ;

je tresse des couronnes

et je les pose, tendres présents,

sur tes genoux.

 

Tu attaches ŕ mon front

des couronnes parfumées

de géraniums des montagnes.

Une, et puis d'autres,

tu les a admirées

et puis enlevées.

 

Nous avons ri sur le chemin

le ciel s'éclairait, beau

au bord de la montagne.

Aucune autre joie

ne semblait exister

que vivre notre vie.

 

D'aimables fleurs fantômes

pleuraient dans les fossés,

sachant que nous devions partir ;

nous pensions que c'était la rosée

et nous embrassâmes dans l'herbe

les gouttes froides.

 

Je te serrais sur le cheval

dans le courant rapide

et je sentis vraiment

que je prendrais soin

de cette jeune fleur, la porterais,

la défendrais toute ma vie.

 

Je démęlai ses boucles

prčs du ruisseau Galtará

avec douceur, et attention ;

sourient les lčvres des fleurs

brillent l'śil des étoiles,

rougissant de chaleur.

 

Maintenant il est loin

de toi, ce garçon

dans la vallée sombre ;

l'étoile de l'amour

sur les roches volcaniques

brille derričre les nuages.

 

Lŕ-haut l'espace immense

sépare les globes,

la feuille sépare les pages ;

mais les âmes, qui s'aiment,

l'éternité ne peut

jamais les séparer.

 

Ferđalok

 

Ástarstjörnu
yfir Hraundranga
skýla nćturský ;
hló hún á himni,
hryggur ţráir
sveinn í djúpum dali.

 

Veit ég hvar von öll
og veröld mín
glćdd er guđs loga.
Hlekki brýt ég hugar,
og heilum mér
fleygi fađm ţinn í.

 

Sökkvi ég mér og sé ég
í sálu ţér
og lífi ţínu lifi ;
andartak sérhvert,
sem ann ţér guđ,
finn ég í heitu hjarta.

 

Tíndum viđ á fjalli,
tvö vorum saman,
blóm í hárri hlíđ ;
knýtti ég kerfi
og í kjöltu ţér
lagđi ljúfar gjafir.

 

Hlóđstu mér ađ höfđi
hringum ilmandi
bjartra blágrasa,

einn af öđrum,
og ađ öllu dáđist,
og greipst ţá aftur af.

 

Hlógum viđ á heiđi,
himinn glađnađi
fagur á fjallabrún ;
alls yndi
ţótti mér ekki vera
utan voru lífi lifa.

 

Grétu ţá í lautu
góđir blómálfar,
skilnađ okkarn skildu ;
dögg ţađ viđ hugđum,
og dropa kalda
kysstum úr krossgrasi.

 

Hélt ég ţér á hesti
í hörđum straumi,
og fann til fullnustu,
blómknapp ţann gćti
ég boriđ og variđ
öll yfir ćviskeiđ.

 

Greiddi ég ţér lokka
viđ Galtará
vel og vandlega ;
brosa blómvarir,
blika sjónstjörnur,
rođnar heitur hlýr.

 

Fjćr er nú fagri
fylgd ţinni
sveinn í djúpum dali ;
ástarstjarna
yfir Hraundranga
skín á bak viđ ský.

 

Háa skilur hnetti
himingeimur,
blađ skilur bakka og egg ;
en anda, sem unnast,

fćr aldregi
eilífđ ađ skiliđ.

 

 

Grímur THOMSEN

(1820-1896)

 

Né ŕ Bessastađir dans le sud de l’Islande, dans une famille de fermiers aisés. Etudiant en droit, philologie, esthétique et philosophie ŕ Copenhague. Docteur de cette université, il rédigea une thčse sur Byron. Diplomate pour le compte du Danemark, puis fermier de retour en Islande.

Ljóđmćli (Počmes), 1880.

Aucun livre disponible en français.

 

Chant du pays

 

Ecoute les sources chaudes dans les montagnes,

Ecoute le cygne chanter sur le port :

   C’est le chant de l’Islande.

Ecoute le torrent retentir en rapides,

la cascade jaillir des falaises :

   c’est le chant de l’Islande.

 

Ou les oiseaux chanter sur les îles !

sous les rochers et les grottes :

   c’est le chant de l’Islande.

Ecoute les brisants répondre aux rochers,

le vent siffler comme des spectres :

   c’est le chant de l’Islande.

 

Et dans ta poitrine, aussi,

dorment les voix de la nature :

    les chants que possčde l’Islande.

Au plus profond de toi,

dans la joie comme dans la douleur

   résonne le chant de l’Islande.

 

Lands-lag

 

Heyriđ vella’ á heiđum hveri,

Heyriđ álftir syngja’ í veri :

   Íslands er ţađ lag.

Heyriđ fljót á flúđum duna,

foss í klettaskorum bruna

   Íslands er ţađ lag.

 

Eđa fugl í eyjum kvaka !

undir klöpp og skútar taka :

   Íslands er ţađ lag.

Heyriđ brim á björgum svarra,

bylja ţjóta svipi snarra :

   Íslands er ţađ lag.

 

Og í sjálfs ţín brjósti bundnar

blunda raddir náttúrunnar :

   Íslands eigiđ lag.

Innst í ţínum eigin barmi

einsi í gleđi’ og eins í harmi

   ymur Íslands lag.

 

 

 

 

 

File:Grímur Thomsen.jpg