Pedar Jalvi (1888-1916), né à Utsjoki,  est le premier écrivain same de Finlande. Maître d’école à Savitaipale, son premier livre, Muohtačalmmit  paraît en 1915.

Aucun livre disponible en français.

 

Flocon de neige

 

Volant à travers l’air

doucement, tombant, des flocons,

sur les pierres, les bouleaux nains,

blancs, couvrant les terres, les contrées.

 

Le corps lui-même est si petit

quand il est face à des millions,

emplissant creux et touffes d’herbe

qui vite deviennent monceaux,

derrière les pierres, devient congère.

 

Et face aux rayons printaniers

fondent ces minces flocons,

devenant gouttes, clairs miroirs,

et ensemble devenant

torrents, fleuves, lacs, et mer ;

puissante, grande est leur unité.

 

 

Muohtačalmmit

 

Sattáhala áimmuid čaða

hiljit gahččet mouhtačalmmit,

gahččet geðggiid, skirriid ala,

vielgadin dat gokčet eatnan.

 

Vaikko dain lea gorut smávis,

miljonat go oktii bohtet,

divvet rokkit, leagit, muorra-

bohtožiidda ihtá skálvi,

geðggiid duohkai čoggo časttas.

 

Giððabeaivvaš muoðuid ovddas

suddet smávva muohtačalmmit

šelges čáhcegoaikkanassan.

Goaikkanasas čoggojit dat

ájan, deatnun, jávrin, mearran

- stuoris dalle lea daid fápmu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paulus Utsi (1918-1975) est l’un des tous premiers auteurs sames. Les sames, que nous appelons lapons comme nous appelions esquimaux ceux qui se dénommaient, d’eux-mêmes, les inuits, sont un peuple réparti sur quatre pays : la Suède, la Norvège, la Finlande et la Russie. Ils se reconnaissent comme un seul peuple, et désormais, dans les pays nordiques, leurs droits sont reconnus, ils disposent d’un drapeau, leur culture, leur langue est défendue.

Ce ne fut pas toujours le cas. Paulus Utsi, né en 1918, a connu cette période pendant laquelle le same était une langue méprisée, voire interdite, la culture same était une culture attardée qu’il fallait éradiquer.

La politique a aujourd’hui bien changé, mais le mal est fait et la répartition des sames, très dispersés - du Jämtland, en Suède, du Trøndelag du sud, en Norvège, jusqu’à la péninsule de Kola en Russie en passant par la région de Finlande appelée Laponie (Lapin lääni, qui n’est donc pas le seul territoire des sames) ; la diversité linguistique : on distingue neuf dialectes, mais la langue d’Utsi elle-même est un mélange de deux de ces dialectes, n’a pas facilité leur organisation, leur défense. Il faudra attendre les années soixante pour voir les sames s’organiser de manière efficace.

Pas de nationalité autre que Same, pour Paulus Utsi. Né en Norvège, il a vécu en Finlande, puis en Suède : pour des nomades, la notion de frontière est une aberration. Utsi fut autodidacte : éleveur de rennes, fils d’éleveurs de rennes, il n’a pas fréquenté d’université. Il fut aussi un précurseur : la culture same étant basée sur l’oral, et leur poésie, essentiellement religieuse, n’étant auparavant que chantée (au cours d’une cérémonie, le Joik ou Juoigos, destinée à communiquer avec les esprits), il compose une œuvre lyrique, et écrite. Une œuvre unique, une voix qui ne doit pas être oubliée.

 

Aucun livre disponible en français, mais nous sommes en discussion à propos des droits pour éditer son recueil Giela giela.

 

 

Sádni

 

Sav’kal bávti vuos’tá

soamis čiegás gul’dala

Vál’dá sáni vuos’tá

doal’vo dan vii’dásæbbot

ja dakká dan duoðalaž’žan

 

 

Le mot

 

Chuchote vers le rocher

dans une cachette quelqu’un écoute

reçoit le mot

l’emporte

et l’accomplit