Jóhann Sigurjónsson

Jóhann SIGURJÓNSSON

(1880-1919)

 

Počte et dramaturge, il écrivit en islandais et en danois. Fils d'un fermier, il part étudier au Danemark, dans l'université royale des sciences agricoles et vétérinaires ; il abandonne ses études pour se dévouer ŕ la littérature en 1902. Influencé par Georg Brandes et Nietzsche. Il est célčbre pour sa pičce Bjćrg-Ejvind og hans hustru (en danois), qui rencontra un succčs international. Il est mort de la tuberculose ŕ Copenhague.

Son śuvre, assez pessimiste, montre une liberté de ton et de style nouvelle dans la littérature islandaise.

 

Smaadigte (Courts počmes, en danois), 1920 ; Ljóđ (Počmes), 1940.

Aucun livre disponible en français.

 

Sonnet

 

Le printemps est passé, le parfum de jeunes jours

est devenu la chaleur lourde et forte de l’été,

la jeunesse a disparu, nul ręve ne colore

les pâturages secs et gris du temps non venu.

 

Nous sommes nés sur une péninsule déserte

face ŕ la mer de l’éternité couverte de brumes,

tremblant inutilement devant le sang et la sueur

faisant profits et achats, c’est l’histoire de l’homme.

 

Cependant jamais je n’ai plus aimé le jour

- la bouche de l’enfant prononce le nom éternité -

misérable vie, je me mets ŕ genoux devant toi,

comme une fleur de l’ombre qui recherche la lumičre,

- la tige supporte ŕ peine son propre poids -

les mains en offrandes je saisis tes rayons.

 

 

Sonnetta

 

Voriđ er liđiđ, ilmur ungra daga

orđinn ađ ţungum, sterkum sumarhita,

ćskan er horfin, engir draumar lita

ókomna tímans gráa sinuhaga.

 

Viđ erum fćddir úti á eyđiskaga,

eilífđarsjórinn hefur dimma vita,

fánýtar skeljar fyrir blóđ og svita

fengum viđ keyptar, ţađ er mannsins saga.

 

Ţó hef ég aldrei elskađ daginn heitar

- eilífđar nafniđ stafar barnsins tunga -

fátćka líf, ađ ţínum knjám ég krýp,

áţekkur skuggablómi, er ljóssins leitar,

- leggurinn veldur naumast eigin ţunga -

fórnandi höndum ţína geisla ég gríp.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hulda

(1881-1946)

 

 De son vrai nom Unnur Benediktsdóttir, Hulda est née ŕ Auđnir dans le nord de l’Islande. Son pčre, bibliothécaire, se charge de son éducation et elle apprend l’anglais, l’allemand, le français ainsi que les langues scandinaves. Elle commence ŕ publier ŕ l’âge de vingt ans et est rapidement reconnue comme un počte (néo-romantique, selon certains) de premier ordre.

La légčreté de son style révčle une śuvre agréable, bien qu’incontestablement en retrait par rapport ŕ celle de Sigurjónsson.

 

Kvćđi (Počmes), 1909 ; Syngi, syngi svanir mínir (Chante, chante mon cygne), 1916 ; Segđu mér ađ sunnan (Dis-moi plus du sud), 1920.

Aucun livre disponible en français.

 

Comme d’un calice de fleur

 

Comme d’un calice de fleur

les larmes bleues de rosée,

ainsi disparurent mes peines

lors des jours clairs de mon enfance.

Mais maintenant un désir demeure

en un lieu saturé de mon esprit,

il est comme un puits recouvert

qui ne fut jamais révélé.

 

 

Eins og úr blómabikar

 

Eins og úr blómabikar

hiđ bláa daggartár,

svo hurfu harmar mínir

um heiđrík bernskuár.

En nú ei ţrá mín ţrýtur

í ţrungnum hugarreit,

hún er sem byrgđur brunnur,

sem birtu aldrei leit.