Stefán Hörđur GRIMSSON

(1919-2002)

 

Stefán Hörđur Grímsson est né ŕ Hafnarfjörđur en 1919. Agriculteur, marin, il publie son premier recueil (Glugginn snýr í norđur, « La fenętre fait face au nord ») en 1946 ; son second recueil, Svartálfadans, 1951, attire davantage l’attention. Il est mort le 18 septembre 2002.

On l’a parfois qualifié de « lyrique » parmi les počtes atomiques ; son écriture, par son inventivité constante, semblant obéir ŕ une inspiration de l’instant, me semble plus proche des surréalistes.

 

Svartálfadans (1951) ; Tengsl (1989) ; Yfir heiđan morgun (1990).

Un volume de poésie a été traduit par Régis Boyer.

 

Refrain

 

Toi impatience du sang sombre

et poison des os fins,

toi qui viens sans forme

et tiens les portes de la joie

entr’ouvertes.

 

Incertitude, incertitude,

comme sincčrement je te hais.

Mais je jour oů je te tuerai,

mon cśur se brisera.

 

 

Stef

 

Ţú óró hins myrka blóđs

og eitur grannra beina,

Ţú sem kemur í formleysi

og heldur dyrum hamingjunnar

í hálfa gátt.

 

Óvissa, óvissa,

hve innilega ég hata ţig.

En daginn sem ég myrđi ţig,

mun hjarta mitt springa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jón ÓSKAR

(1921-1998)

 

Né ŕ Akranes. C’est l’un des počtes « atomiques », groupe de počtes « modernistes » célčbre en islande. Il a écrit un roman, des nouvelles, des articles ainsi qu’une autobiographie.

« J’écris pour glorifier la liberté. Je crois en la bonté humaine, en la tolérance, en l’amour et en la beauté. Je crois en l’art. (...) Je crois que l’homme est un ętre imparfait et que la littérature est faite pour le lui rappeler. » ( Extrait d’une interview parue dans Libération.)

 

Skrifađ í vindinn, kom út, 1953 ; Nóttin á herđum okkar, 1958 ; Söngvar í nćsta húsi, 1966 ; Ţú sem hlustar, 1973 ; Nćturferđ, 1982  ; Hvar eru strćtisvagnarnir ?, 1995 ; Ljóđ, 1995.

 

“Toi qui écoutes”, paru chez l’Harmattan.

 

 

Enfant et mer

 

Je me tenais un jour disparu sur la rive ŕ marée basse

et demandai : oů j’irai, quand je serai grand ?

Au loin il y a une brebis brune et un agneau

et des algues, des morceaux de bois, des débris et des chaussures

      d’enfant.

 

Et la brebis se dresse et regarde, mais reste calme

et mâchonne avec tant de calme et voit

que je suis lŕ, mais ignore que je m’interroge,

et par conséquent elle sait encore moins oů j’irai.

 

Et elle ne s’interroge en rien sur ces chaussures d’enfant,

mais mâchonne heureuse sur la rive splendide du printemps,

et elle ne s’interroge en rien dans son calme et sa tranquillité

sur l’existence qui ne sera pas clarifiée.

 

Je me tenais sur la rive un jour disparu et je m’interrogeais,

et les vagues de l’automne jouaient avec la chaussure d’enfant.

 

 

 

Barn og haf

 

Ég stend einn horfinn dag viđ fjörukamb

og spyr : Hvert fer ég, ţegar ég verđ stór ?

Í fjörunni er mórauđ ćr og lamb

og ţang og sprek og rusl og barnaskór.

 

Og ćrin lítur upp, en stendur kyrr

og tyggur ofurrólega og sér,

ađ ég er ţar, en veit ekki ađ ég spyr,

og ennţá síđur veit hún hvert ég fer.

 

Og hún spyr ekki um ţessa barnaskó,

en tyggur sćl í vorsins fjörudýrđ,

og hún spyr ekki í vćrđ sinni og ró

um tilveru sem ekki verđur skýrđ.

 

Ég stend í fjöru einn horfinn dag og spyr,

og haustsins öldur leika um barnaskó.